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Le fantôme de la baignoire


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D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais aimé les histoires de fantômes, les films d’horreur et tout ce qui a trait à se faire peur.

Encore plus aujourd’hui, depuis que je me suis retrouvée sans vraiment le vouloir confrontée à cela dans la réalité.

Je m’appelle Sophie et j'ai 33 ans.
Il y a de cela trois ans avec mon conjoint, nous avions acheté une vieille maison dans une petite ville dont je tairais le nom pour ne pas risquer que des curieux s’approchent de ce lieu maudit.

J’attendais notre premier enfant et nous désirions fonder notre famille dans plus grand que notre tout petit studio.

 

Nous avions fait toutes les agences immobilières du coin afin de trouver notre bonheur, mais rien ne nous convenait vraiment. Tout était soit trop cher, soit il y avait trop de travaux ou bien pas de jardin ou encore tout était beaucoup trop loin d’un semblant de ville.

 

Puis, un jour, sans vraiment chercher alors que je m’ennuyais au boulot. À l’époque, j’étais secrétaire intérimaire dans le cabinet d’un vieux psychiatre et parfois, les appels ne se bousculaient pas, alors je passais le temps sur Facebook.

Je tombe sur une annonce publiée dans un groupe de vente du réseau social.

 

À vendre : Maison de 7 pièces, édifiée sur un terrain de 230 m², et située dans un environnement agréable. Elle bénéficie d'un beau salon sur terrasse et jardin, une cuisine indépendante, 5 grandes chambres dont 1 sous combles de 45 m². Sous-sol avec un garage. Maison lumineuse en bon état général. Idéale grande famille. Proche commerces et écoles à saisir.


De plus, cette maison de rêves rentrait pile dans notre budget.
Cinq chambres, c’était parfait car nous projetions d’avoir au moins deux enfants et  puis, je me voyais déjà me faire un bureau sous les combles. Un bureau d’artiste où je serais enfin tranquille pour peindre à ma guise. Le dessin et la peinture étant mes grandes passions.

 

Je me suis alors empressée d’envoyer un message à l’annonceur pour lui demander s’il était possible d’organiser une visite. Celui-ci me répondit à peine 15 minutes plus tard et m’informa qu’il pourrait être disponible jeudi soir à 18 heures.

 

Parfait !

Le soir même, j’ai préparé un dîner romantique à Stéphane, mon conjoint, afin de lui annoncer d’une belle manière que je nous avais peut-être enfin déniché la maison idéale.

Il fut enchanté et vraiment emballé par l’annonce et les photos.


Lorsque le fameux jeudi de la visite arriva, nous ne tenions plus en place, comme des enfants le matin de Noël !

On se projetait déjà dans cette maison que nous ne connaissions pas encore.

Nous sommes tous deux partis à nos boulots respectifs et la journée m’a paru interminable.

 

Vers 17h30, Stéphane est venu me chercher et nous avons enfin pris le chemin nous menant vers la découverte de ce qui serait notre futur chez nous, mais aussi, et nous ne le savions pas encore, notre pire cauchemar !


Nous aurions dû déjà nous en douter lors de ce fameux jour de la visite. L’homme qui vendait la maison avait une quarantaine d’années et avait l’air bizarre en nous accueillant.

 

Il nous a ouvert la maison et a dit qu’il préférait nous laisser visiter seuls. Soit disant que pour lui ce lieu était chargé d’histoire et que ça lui faisait vraiment quelque chose de le vendre.

 Il nous a laissé entrer et a bafouillé qu’il nous attendrait dans sa voiture.

 

Nous avons exploré la maison avec un grand enthousiasme et nous, nous imaginions déjà y habiant !

Je me rappelle avoir senti un léger malaise et un profond sentiment de tristesse en entrant dans la salle de bain. Cependant, j’ai mis ça sur le compte de la grossesse.

Nous sommes ressortis ravis et certains de vouloir vivre ici.

Après cette visite concluante, tout est allé vraiment très vite… En trois semaines, nous étions les heureux propriétaires de cette grande et jolie demeure.

 

Je me rappelle encore la première nuit que nous avions passé là-bas. Nous étions exténués par le déménagement et nous sommes couchés tôt. Stéphane a toujours eu le don de s’endormir sans problèmes partout. En revanche, moi, j’ai toujours eu du mal à me faire à un nouvel endroit. Encore plus depuis ma grossesse qui me provoquait souvent des insomnies.

 

À 2h30 du matin, j’étais donc éveillée aux côtés de mon gros ronfleur de copain. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai eu une forte envie de prendre un bain.
Après tout, nous étions fin octobre, il faisait froid dans cette maison et je ne dormais pas, alors un bon bain bien chaud ne pourrait me faire que du bien, me suis-je dit.

 

Je me fais donc couler mon bain. Pendant que la baignoire se remplit j’attache mes cheveux devant le miroir du lavabo.
Lorsque je me retourne, je m’aperçois alors que malgré que l’eau coule, la bonde de douche, que j’avais pourtant pris soin de fermer au préalable est ouverte et que la baignoire est donc vide.

 

Perplexe, je me dis que ça doit finalement être une erreur de ma part.  Je referme alors la bonde et je reste à regarder pour m’assurer que la baignoire se remplit bien.

Comme rien ne semblait anormal cette fois, je m’en vais à la recherche de serviettes de toilettes dans les cartons encore entassés dans le salon.

 

Une fois en bas, je ressens un froid encore plus intense que précédemment, à tel point que j’en frisonne presque. De plus, une immense sensation de tristesse m’envahit à nouveau, comme le jour de la visite de la maison.

Je me sens si triste que je m’écroule sur le canapé et me mets à pleurer sans vraiment comprendre pourquoi.

 

Puis, je remonte à la salle de bain. Comme un zombie, je savais ce que mon corps faisait, mais j’avais l’impression de ne plus vraiment le contrôler.

 

Ensuite, il y a eu un trou noir, je me souviens avoir vu la baignoire remplie de sang, d’avoir hurlé et le matin, je me suis réveillée dans mon lit.

 

Lorsque, dès le lendemain matin, j’ai raconté cela à Stéphane, il a ri en disant que les hormones de grossesse me faisaient faire de drôles de rêves et qu’il ne m’avait pas entendu crié, ni même senti que je m’étais levée dans la nuit.

Puis, je suis descendue pour préparer le petit déjeuner et là, dans le salon, j’ai vu déversé sur le sol le carton de serviettes de toilettes. J’ai alors su que je n’avais pas rêvé. Mon étrange nuit était bien réelle !

 

Je n’ai rien dit à Steph. J’ai attendu qu’il parte travailler. Pour ma part, j’avais fini ma mission d’intérim chez le psy et devais de toutes façons, débuter mon congé maternité.

J’avais donc tout le loisir d’explorer ma nouvelle maison.

 

Une fois que je me suis retrouvée seule, je suis retournée dans la salle de bain. Rien d'étrange ne m’y attendait, jusqu’à la nuit suivante…

 

Je fus encore réveillée pile à 2h30 du matin, prise par l’envie irrépressible de prendre un bain. C’était encore plus puissant que la veille. Presque comme si quelqu’un venait m’ordonner dans mon sommeil, de de me lever pour aller me faire couler un bain !

 

Une fois devant la baignoire, je reste figée et stupéfaite. Je ne suis pas seule dans la pièce, je vois clairement qu’une femme est déjà dans la baignoire à nouveau remplie d’une eau rougeâtre. Elle pleure en me regardant et murmure entre deux sanglots : « Sauve-toi ! »

 

Mon cœur s’emballe, je n’ai jamais eu aussi peur !

 

Puis, à nouveau le trou noir pour me réveiller au matin dans mon lit.
Stéphane était parti assez tôt et pour un déplacement professionnel et ne reviendrait pas avant le lendemain matin.

 

Je suis restée toute la journée tétanisée par le souvenir de ma nuit et encore plus terrifiée à l’idée que j’allais passer la suivante toute seule dans cette maison. Surtout, que c’était le jour de la fameuse fête d’Halloween. Je trouvais donc cela d’autant plus propice à l’angoisse qui m’habitait déjà.

 

Le soir venu, voulant retarder le plus possible le moment d’aller me coucher, malgré la fatigue qui m’envahissait, j’ai longuement dessiné dans mon bureau sous les combles, jusqu’à ce que l’on sonne à la porte.

 

J’ai alors pensé à des enfants venus réclamer des bonbons. De toute la soirée, j’avais observé par la fenêtre des gamins se baladant dans le coin et s’arrêtant à toutes les maisons voisines, mais bizarrement, personne n’était encore venu sonner chez moi.

Je suis vite allée ouvrir, trop heureuse de voir enfin quelqu’un et de me sentir un peu moins seule.

 

Mais lorsque j’ai ouvert la porte, personne. Juste une effrayante citrouille d’Halloween déposée sur mon paillasson. Citrouille sur laquelle il était écrit : « Sauve-toi ! »

Exactement les mêmes mots prononcés par la mystérieuse jeune femme dans la baignoire la veille !

 

Tout cela me glaçait le sang. J’avais décidément trop peur pour passer une nouvelle nuit ici. Sans réfléchir, je suis sortie pour aller chez ma voisine. C'était une femme dans la cinquantaine que je connaissais encore peu, mais qui m’inspirait confiance, car elle était la seule à m’adresser un aimable bonjour lorsqu’elle me croisait dans le quartier.

 

Elle m’a laissé entrer chez elle sans rien dire, comme si elle savait déjà tout. Après m’avoir servi un chocolat chaud et des biscuits au citron elle me raconta l’histoire de ma maison…

 

Il y a une vingtaine d’années, un couple aurait vécu dans ma maison, un soir une dispute éclata entre eux et l’homme aurait tué sa femme en la poignardant dans son bain avant de se suicider.

 

Ma voisine qui habitait déjà ici à l’époque, me dit qu’elle était très amie avec la pauvre femme assassinée. Elle finit par me montrer des photos d’elles ensemble.

Je reconnu alors de suite la jeune femme que j’avais vu dans ma baignoire.

Puis, ma voisine m’expliqua que depuis le drame, son amie et son mari hantent la maison : Tout commence toujours de la même manière, les nouveaux habitants de la maison voient d’abord apparaître la femme qui les met en garde. Ensuite, c’est le mari qui prend le dessus et qui tue tous ceux qui n’auraient pas quitté la demeure !

 

Voilà mon histoire. Après cela, Stéphane et moi avons déménagé à l’étranger où il a eu l’opportunité d’un nouveau poste. C’est la voisine qui a tenu à nous racheter la maison, disant qu’elle saurait quoi en faire. Je n’ai jamais cherché à savoir ce qu’il en était aujourd’hui. Bien qu’il me semble, d’après les dires des médias qu'elle ait tenté d’y mettre le feu et qu’elle ait fini en psychiatrie.

 

 En y repensant, j’en tremble encore !


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